Ce que la Crète m'a rappelé : prendre soin de son cœur avant de prendre soin de son corps

Infirmière depuis plus de trente ans, je pensais partir découvrir la Crète. J'en suis revenue avec une prise de conscience essentielle : parfois, prendre soin de son corps commence par prendre soin de son cœur.
Je viens de passer dix jours en Crète.
Au départ, je pensais partir découvrir une île.
Je reviens avec l'impression d'avoir retrouvé une partie de moi-même.
Ces derniers mois ont été éprouvants.
La création de mon activité.
Les doutes.
Les inquiétudes financières.
Les nuits trop courtes.
La fatigue accumulée.
Cette sensation parfois de courir sans vraiment savoir après quoi.
Alors partir n'était pas un luxe.
C'était devenu nécessaire.
Quand le bruit dans la tête finit par s'apaiser
Pendant dix jours, j'ai marché.
Dans les gorges de Rouvas.
Sur le sentier E4 entre Agia Roumeli et Loutro.
Vers les ruines de Lissos.
Entre les oliviers, les montagnes et la mer de Libye.
Et au fil des kilomètres, quelque chose s'est apaisé.
Pas mes responsabilités.
Pas mes factures.
Pas les questions que je me pose sur l'avenir.
Mais le bruit dans ma tête.
La nature a ce pouvoir étrange.
Elle ne résout pas nos problèmes.
Elle nous rappelle simplement que nous sommes plus vastes qu'eux.
Pendant des mois, j'ai regardé mon corps comme un problème à régler.
La fatigue.
Les réveils nocturnes.
Les douleurs qui apparaissent sans prévenir.
Les kilos qui s'installent malgré les efforts.
Comme beaucoup de femmes autour de la cinquantaine, j'avais parfois l'impression que mon corps me trahissait.
Et puis, en marchant sur ces sentiers crétois, une évidence s'est imposée.
Et si mon corps n'était pas mon ennemi ?
Et s'il essayait simplement de me parler ?
Même infirmière, je n'ai pas échappé à la ménopause
Cette prise de conscience m'a fait sourire.
Parce qu'au fond, je suis infirmière depuis plus de trente ans.
J'ai passé ma vie à observer des symptômes, à accompagner des patients, à expliquer le fonctionnement du corps humain.
Et pourtant, lorsque les premiers signes de la périménopause sont arrivés dans ma propre vie, je n'ai pas été plus préparée que beaucoup d'autres femmes.
La fatigue.
Les réveils nocturnes.
Les kilos qui s'installent sans que l'alimentation ait vraiment changé.
Les émotions plus difficiles à gérer.
La sensation parfois de ne plus reconnaître complètement son propre corps.
Comme beaucoup, j'ai cherché des réponses.
J'ai consulté.
J'ai lu.
J'ai essayé de comprendre.
Et souvent, je repartais avec la même phrase :
« C'est la ménopause. »
Comme si cela suffisait à tout expliquer.
Comme si, parce que c'était normal, il fallait simplement subir.
Et puis il y avait parfois les sourires amusés de certaines femmes de mon entourage.
« Eh oui, ça t'arrive à toi aussi maintenant... »
Comme si la ménopause finissait par remettre tout le monde à égalité.
Que l'on ait été sportive ou non.
Mince ou non.
Professionnelle de santé ou non.
La vérité, c'est que nous n'y échappons pas.
Les hormones ne regardent ni notre métier, ni notre expérience, ni nos connaissances.
Mais c'est justement en cherchant des réponses pour moi-même que j'ai commencé à comprendre à quel point les femmes manquaient d'informations, d'écoute et d'accompagnement durant cette période de leur vie.
Et si notre corps n'était pas l'ennemi ?
Pendant des années, nous apprenons à tenir.
À être efficaces.
À gérer.
À organiser.
À prendre soin des autres.
Mais nous oublions souvent de nous demander ce dont nous avons réellement besoin.
Alors le corps finit parfois par prendre la parole.
Il ralentit.
Il résiste.
Il réclame du repos.
De l'attention.
Du respect.
Bien sûr, la ménopause est une réalité hormonale.
Mais je crois aussi qu'elle agit souvent comme un révélateur.
Comme une invitation à regarder notre vie avec honnêteté.
À nous demander ce qui nous nourrit vraiment.
Et ce qui nous épuise.
Ce que je ramène vraiment de Crète
En Crète, j'ai compris que je n'avais pas besoin de faire plus.
J'avais besoin de faire autrement.
Faire davantage de place à ce qui nourrit mon énergie.
La montagne.
Les sentiers.
Les voyages.
Les rencontres sincères.
Les projets qui ont du sens.
Les personnes auprès desquelles je peux être simplement moi-même.
Prendre soin de son corps ne commence pas toujours par une alimentation parfaite ou un programme sportif.
Parfois, cela commence par prendre soin de son cœur.
Par écouter ce qui nous fait vibrer.
Par reconnaître ce qui nous manque.
Par accepter que nous ne pouvons pas passer notre vie entière à nous oublier.
Je suis rentrée de Crète avec les mêmes responsabilités qu'avant de partir.
Les mêmes questions.
Les mêmes défis.
Mais aussi avec une certitude.
Mon corps n'est pas contre moi.
Il essaie simplement de me guider vers une vie plus alignée avec ce dont j'ai réellement besoin.
Et peut-être que la véritable transition de la ménopause se trouve là.
Non pas devenir moins.
Mais apprendre enfin à prendre autant soin de soi que l'on a pris soin des autres pendant toutes ces années.
La Crète m'a offert de magnifiques paysages.
Mais surtout, elle m'a rappelé de continuer à tracer mon propre chemin.
Un chemin où la performance laisse un peu plus de place à l'écoute.
Où la force laisse davantage de place à la douceur.
Et où le cœur retrouve enfin sa juste place aux côtés du corps.
Parce qu'après avoir passé une vie à prendre soin des autres, il arrive un moment où il devient nécessaire de prendre soin de soi.
Et ce n'est pas de l'égoïsme.
C'est une nécessité.
Mon corps n'est pas contre moi.
Il essaie simplement de me guider vers une vie plus alignée avec ce dont j'ai réellement besoin.
Prendre soin de soi n'est pas de l'égoïsme. C'est une nécessité.



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